Au Cirque Invisible...

Festival d'été de Québec 2011

Dimanche soir, après trois jours à bien "festivaler", l'on a commencé à être légèrement brulés. Nous optons pour le Cirque Invisible plutôt que pour les Plaines...

Un choix parental réfléchi. L'on en discute avec un petit serrement de cœur. À lire les comptes rendus de mes collègues blogueurs aujourd'hui, le serrement de cœur a pincé un petit peu plus fort! Mais bon quand on est parents, la vie prend d'autres perspectives...

C'était la dernière représentation du Cirque invisible au Grand Théâtre, sachant que la distribution de billets commençait à 19hres l'on est arrivés à 18hres30. Et là, surprise! L'on tombe de quelques nues.

Dans la file se conjugue l'attente...

La file de festivaliers en attente de billets est si longue qu'elle tourne le coin de la porte pour se continuer sur le coté du bâtiment. L'on se pose au bout. Aussitôt un couple arrive derrière nous et la file continue de grandir...

Un peu interloquée devant la longueur de la file, je vais me renseigner sur le sujet. J'apprends que l'on est correct et que même si l'on est dehors, il devrait y avoir encore de la place pour nous. L'on décide donc d'attendre. Il fait une chaleur tropicale entrecoupée de tièdes averses.

Pour passer le temps, je m'amuse à danser sous la pluie avec M'zelle Soleil. Cela l'amuse tant que la pluie cesse. Magie enfantine! Comme je commence à avoir un peu le tourni et que je ne suis pas plus rafraichie, je prends une pose.

Ma Miss inspirée en profite pour continuer le jeu en chantant: "Je danse sous les nuages, je danse sous les nuages..." Elle est si entrainante qu'elle encourage un garçon dans la vingtaine à danser avec elle! Cela promet! J'inspire une grande bouffée de sagesse parentale.

Pendant que la Miss s'amuse gentiment avec une petite fille qui la rejoint, l'on se met à discuter avec le couple derrière nous. Dans la cinquantaine, ils me posent des questions sur ma passe de presse. La file commence à avancer tandis que la discussion s'engage.

Un couple charmant...

Le Monsieur commence à me parler sérieusement du Festival. Je réalise qu'en ma position de blogueuse officielle de Festival, je suis aussi un peu responsable du service à la clientèle! C'est avec plaisir que je réponds à ces questions. L'on papote à mesure que la file avance pas à pas. J'apprends que ce couple en est à son deuxième essai pour avoir un billet.

Deux jours auparavant, ils sont venus à 7 hres "les mains dans les poches" comme me l'explique la dame pour se retrouver le bec à l'eau! Ni l'un ni l'autre n'avait compris combien les billets s'envolaient si vite. Ils avaient donc décidé de se reprendre ce soir et comptait vraiment voir le spectacle!

Le Monsieur profite de l'attente pour cultiver mes connaissances sur Charlie Chaplin. Très sympathique, il me demande de faire passer quelques messages. C'est ainsi qu'il me dit:

- Mais quand même j'aimerais bien comprendre, pourquoi est-ce que le parc de francophonie est si petit, on y est toujours trop entassé! C'est dommage. Il faudrait que le Festival ouvre une nouvelle scène devant le musée ce serait super!

Mon homme répond:

- Mais c'est aussi ce qui fait le charme du pigeonnier moi j'aime bien...

J'ajoute avec un sourire:

- C'est vrai que c'est une remarque qui revient souvent. Je suis d'accord que cela ajoute à la mystique du pigeonnier. Mais il me fera plaisir de passer le message.

L'on continue la discussion sur le sujet. J'apprends aussi que les deux pensent qu'ils devraient y avoir un volet de musique classique. D'après eux, la clientèle est là, elle se déplacerait certainement. Ne connaissant pas grand chose à la musique classique, je ne peux que les croire sur parole...

L'on arrive enfin devant le guichet. La fille derrière la vitre me dit:

- Il me reste 3 billets mais séparés!

- Séparés? Juste 3 billets, y'en a déjà plus!

- Oui alors vous les prenez ou pas?

- Ben oui, on prend.

L'on est estomaqué. N'oublions pas que nous attendons depuis une heure! Je ne peux m'empêcher de penser au gentil petit couple derrière nous. Juste avant de partir, j'entends la fille leur dire: "Il me reste un billet!"

Rendre au suivant...

Je rejoins mon homme pour lui dire. Il est aussi déçu que moi pour eux. J'ai alors une idée subite, comme une étincelle de coeur et je cours au guichet. Le couple est encore là! Un peu secoué de se faire dire qu'il ne reste qu'un billet pour deux. Je demande alors à un employé du Grand Théâtre qui attend là.

- Nous avons trois billets séparés et une petite fille de 5 ans. Je n'aime pas l'idée qu'elle soit assise loin de nous, est-ce qu'elle peut s'assoir sur nos genoux pour le spectacle?

- Oui, si vous êtes séparés, elle peut...

- Bon alors dans ce cas je peux leur donner son billet?

- Oui, c'est correct!

La joie qui se lit dans le regard de ce couple charmant me réchauffe l'âme. La magie du Festival cela se partage... Ils sont si contents! Cela me fait vraiment plaisir de pouvoir les aider. Car c'est ça aussi la magie du Festival d'été. Et puis depuis trois jours je vis tellement de petits moments magiques que c'est bon de rendre au suivant. J'en profite pour aller retrouver homme et enfant.

Le couple nous retrouve dans le lobby. Ils souhaitent me remercier. Ils sont si gentils. Je suis heureuse qu'ils ne soient pas repartis bredouilles! J'en profite pour leur demander leur prénom. Francine et Michel me répondent-ils avec un grand sourire.

J'avoue que cette rencontre impromptue aura été très agréable. Le spectacle accuse un peu de retard, l'on papote en attendant que la salle s'ouvre. L'on regarde les numéros de nos places respectives. Michel qui connait bien la salle nous arrange pour que l'on puisse être l'un derrière l'autre. Nouveau troc de billets. Ils choisissent donc d'être à deux bouts séparés de la salle pour que nous puissions facilement alterner les genoux parentaux!

Fanstamagorie musicale et abstractions artistiques

Enfin le spectacle commence. C'est particulier. Je reste légèrement dubitative. Je me demande si je suis trop déconnectée de mon cœur d'enfant? Pourtant j'ai bien aimé l'Enfant-Porte! À moins que cela ne soit la fatigue...

M'zelle Soleil est intéressée. Elle ouvre grand ses yeux bleus remplis d'enfance. La salle éclate souvent de rire. Les prestations de transformations de Victoria Chaplin me plaisent. Elle y cultive une certaine féerie. Les numéros de Jean-Baptiste Thierrée sont "old school". Pas sure d'en capter la magie. Le spectacle a des airs d'art performance, c'est étrange à mes sens. J'aime bien certains numéros alors que d'autres me laissent complètement froide.

J'apprécie l'ambiance musicale. À part les chansons de Jean-Baptiste qui me font un peu froncer des sourcils. J'aperçois la magie invisible de Victoria. J'en profite pour laisser mon intellect absorber l'expérience. Le synopsis du spectacle disait:

" Notre intellect réagit quant à lui aux nombreuses références à l’univers de la fantasmagorie, à l’humour et au grotesque présents tout au long de ce spectacle multi dimensionnel! Amalgame de poésie, de danse, de théâtre, de musique et d’arts visuels, il est un chef-d’œuvre, un incontournable à ne pas manquer… À voir, pour toute la famille.!"

Je choisis donc de m'ouvrir l'esprit qui grince un peu. J'en capte bien la poésie mais je ne suis pas sure d'en accrocher toute la fantasmagorie. À l'entracte je demande à Francine ce qu'elle en pense. Elle me dit: "Je sais pas trop, je suis perplexe, j'ai hâte de savoir ce que Michel en pense!" Elle revient du hall quelques minutes plus tard et ajoute: "Bon! j'ai peut-être perdu mon cœur d'enfant! Michel lui adore, il m'a dit qu'il était assis à coté d'un petit garçon qui n'arrêtait pas de rire aux éclats!"

Le spectacle reprend avec un numéro d'équilibriste qui enchante ma puce. Je médite sur l'invisibilité de la vie. Sur l'art qui se façonne de tant de façons. Sur l'esprit qu'il fait bon ouvrir. Je me demande ce qui se passe sur les Plaines tandis que je médite sur mon état de maman. Je suis pas mal certaine que je m'éclaterais plus aux Black Keys. Le parent en moi est content de son choix tandis la rebelle grommelle.

L'on sort du spectacle pour constater qu'il a bien plu. Les parents que nous sommes échangeons un regard entendu. Quelques minutes plus tard, sur le chemin du retour, ronfle l'enfant...

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Publié par Etolane  lundi 11 juillet 2011
Commentaires
Marie Gagné 14 juillet 2011
j'apprécierais aussi un volet classique au Festival. J'ai souvenir, il y a très longtemps, d'une soirée magique avec Carmina Burana dans la cour du Petit Séminaire et, il y a moins de temps, de Placido Domingo sur les plaines.

Je crois vraiement qu'il y a une place pour ce volet classique dans le festival d'été... et une foule en attente!

Choubine 13 juillet 2011
Le Festival d'été a déjà eu un volet classique; je n'ai pas connu cette époque (j'habitais à Ottawa, où j'ai vu naître et grandir un extraordinaire festival de musique de chambre qui doit faire des jaloux). Des amis me disent que ce volet classique avait beaucoup de succès; ils ne comprennent pas qu'on l'ait abandonné.

Beaucoup de gens, comme moi, ne trouvent rien pour eux dans la programmation actuelle du Festival d'été; un volet classique ferait leur bonheur (et le mien!).

Martyne Desmeules 13 juillet 2011
J'adore ce billet. Sans doute parce qu'il révèle les aspérités des choix parentaux, mais qu'il permet à la fois d'offrir le rire - et le partage - aux Soleils qui se chauffent de toi!

Marie-Eve - La Musicographe 12 juillet 2011
Wow Sandra, tu es un exemple à suivre! Vraiment! :D

Mario Asselin 12 juillet 2011
Tu représentes à merveille la confrérie - aurais-je dû écrire la brigade? - des blogueurs officiels du Festival Sandra... Bravo pour ce geste de générosité.

Quel sympathique billet ! Merci de l'avoir écrit...

Michel 12 juillet 2011
Chère "Donnez au suivant". Bravo pour ce récit très touchant de notre rencontre... Vous avez "les mots pour le dire"!Pour nous ce fut une rencontre très agréable qu'on n'oubliera pas de sitôt. Bonne fin de festival!

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